L’écriture en strates

Hier, j’étais invitée à discuter par visioconférence avec des étudiants du programme de français de Widener Universtity en Pennsylvanie (États-Unis). Cette rencontre avait lieu dans le cadre des 4e Rendez-vous littéraires de la francophonie des Amériques. Ce fut une expérience enrichissante dans un contexte très sympathique, j’ai adoré!

Ces étudiants ont lu quelques nouvelles de mon recueil «Visite la nuit» et avaient des questions très pertinentes à me poser. De mon côté, je m’étais préparée en relisant mon recueil, en prenant des notes, en rédigeant mon texte de présentation générale et en réfléchissant aux questions spécifiques que leur professeure m’avait transmises à l’avance. Cela a abouti à un document Word d’une dizaine de pages qui serait sans doute une bonne référence s’il prenait l’envie, un jour, sait-on jamais, à un exégète d’étudier ma prose… En tout cas, j’ai développé une meilleure compréhension de mes textes, ce qui m’a permis d’être plus spontanée à l’oral.

J’ai donc passé trois jours à me replonger dans ce livre qui a été publié il y a déjà un certain temps, en 2012, et cela m’a permis de découvrir des strates de mon écriture dans lesquelles je ne m’étais pas encore aventurée. J’ai tenté de donner des réponses formelles à des questions que je ne m’étais auparavant jamais formellement posées.

Les questions des étudiants ont porté à la fois sur la forme et le contenu. Par exemple, mon rapport à la langue française (en référence à l’utilisation d’anglicismes et d’expressions québécoises dans certaines de mes nouvelles) ou la vision de la mort dans la nouvelle «Les châteaux de sable du bout du monde», est-ce une vision optimiste ou pessimiste?

Mes sources d’inspiration ont également été abordées. J’ai mentionné, entre autres, que l’écrivain peut utiliser ses expériences personnelles quand il écrit sans que cela soit nécessairement un récit autobiographique. Cela dépend des choix personnels d’écriture (autofiction? autobiographie? fiction proche de son vécu? fiction très éloignée?).

Mais, quels que soient ses choix, un écrivain laisse toujours une part de lui-même dans ses textes. Et dans les strates superficielles ou profondes d’un roman, d’un poème ou d’une nouvelle, il arrive que le lecteur découvre, dissimulés dans un élément du décor, dans le symbolisme d’un prénom ou derrière une métaphore, des indices laissés volontairement par l’auteur ou des traces oubliées par mégarde.

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