Le 12 août (et après), j’achète un livre québécois

«Depuis cinq ans, les Québécois se ruent dans les librairies le 12 août», écrit Ugo Giguère dans l’édition du Devoir du 11 août 2018. Il nous explique, entre autres, que si cet événement ne s’essouffle pas, c’est parce qu’il a su quitter le monde virtuel pour s’ancrer dans le réel, le public et les librairies s’étant approprié l’événement.

J’adhère entièrement à ce genre d’événement littéraire, j’y ai participé l’an dernier, mais presque par hasard, car je suis plus du genre à acheter mes livres sur l’impulsion du moment, tout au long de l’année, plutôt qu’à jour fixe.

En fait, depuis mon immigration au Québec (il y a 18 ans), je crois bien que j’achète (et emprunte) plus de livres québécois que de livres du reste du monde. J’avais besoin de me plonger dans la culture de mon pays d’accueil et de rattraper mon retard dans la littérature québécoise. J’ai gardé le pli.

J’ai voulu en avoir le cœur net: combien de livres québécois ai-je achetés en un an? Je viens de faire le tour de mes bibliothèques et de consulter mon cahier de lecture, j’en compte 29 (dont 13 à lire). J’ai également acheté 14 livres écrits par des auteurs français, canadiens, américains et britanniques, dont la moitié à lire. Comme en ce moment je lis des livres empruntés à la bibliothèque (auteurs italien, australien et espagnol), ma PAL diminue lentement.

C’est la première fois que je fais l’exercice de compter le nombre de livres achetés et non le nombre de livres lus. Intéressant de prendre conscience de ma participation en tant que lectrice à l’industrie du livre. Dans la chaîne du livre, il y a les auteurs, les éditeurs, les imprimeurs et les libraires, et les indispensables lecteurs et lectrices. Je me situe aux deux extrémités de cette chaîne du livre.

Je pense que l’événement du 12 août est un moyen très efficace pour que les lecteurs manifestent leur soutien à cette chaîne du livre dont ils font partie et sans laquelle la culture (et la vie) serait bien triste et aride. L’événement a été lancé en 2014 par Patrice Cazeault et Amélie Dubé, auteurs québécois, afin de dynamiser les ventes de livres au Québec. Cliquez ICI pour lire ce qu’ils écrivaient, il y a 5 ans, sur la page de leur événement Facebook.

Quelques informations complémentaires:

La chaîne du livre décryptée (article de Noémi Mercier paru dans l’Actualité le 14 novembre 2014)

Vivre de sa plume au Québec, une réalité pratiquement impossible (article de Pierre-Yves McSween paru dans La Presse+ le 31 mai 2017)

Ma liste de livres québécois achetés en 2017-2018:

Le 12 août 2017, j’ai acheté «Ru», «Man» et «Vi», Kim Thuy (Libre Expression). J’avais lu, et beaucoup aimé, «Ru» lors de sa sortie en 2009. C’est la troisième fois que je l’achète car je l’ai déjà offert deux fois.

L’été dernier, je faisais partie du club lecture en ligne de la Librairie Carcajou (à Rosemère). J’ai acheté: «Les égarés», de Lori Lansen (Alto), «Amqui», de Éric Forbes (Héliotrope) et «Au grand soleil cachez vos filles», de Abla Farhoud (VLB éditeur). J’ai offert «Amqui» et «Au grand soleil cachez vos filles»  à des lecteurs français après les avoir lus.

Durant l’automne, j’ai ensuite participé à un club lecture avec Le Fil rouge. J’ai donc acheté «Sainte-famille», de Mathieu Blais (Leméac), «Manikanetish» (ce livre aussi est parti en France), de Naomi Fontaine (Mémoire d’encrier) , «La dévoration des fées», de Catherine Lalonde (Le Quartanier) et «Le meilleur a été découvert loin d’ici», de Mélodie Vachon Boucher (Mécanique générale).

Lors du Salon du livre de Montréal, j’ai acheté «La solitude de l’écrivain de fond» et «L’année la plus longue» de Daniel Grenier (Le Quartanier). J’avais beaucoup aimé son premier livre «Malgré tout on rit à Saint-Henri». J’ai aussi acheté «Entre toi et moi: haïkus» (offert à une amie), de Danielle Dubé (Pleine Lune), «Le poids de la neige», de Christian Guay-Poliquin (La Peuplade), ainsi que les albums jeunesse «Le journal de guerre d’Émilio» et «Les quatre saisons d’Elfina», d’André Jacob et Christine Delezenne (Isatis).

Lors du Salon du livre de Québec, j’ai acheté «Le cinéma de Petite-Rivière», de Louis-Philippe Hébert, avec des illustrations de Micheline Lanctôt (La Grenouillère), «Des trains y passent encore», de Stéphane Ledien (Lévesque éditeur) et «Les territoires imaginaires, lieu et mythe dans littérature québécoise», sous la direction de Vanessa Courville, Georges Desmeules et Christiane Lahaie (Lévesque éditeur).

À d’autres moments, lors de mes visites de diverses librairies, j’ai acheté les cinq romans («Tsubaki», «Hamaguri», «Tsubame», «Wasurenagusa» et «Hotaru» composant la série «Le poids des secrets», de Aki Shimazaki (Nomades), «Ce qui restera», de Catherine Mavrikakis (Québec Amérique), «Les désordres amoureux» (offert), de Marie Demers (Hurtubise), «Toi aussi mon fils» (offert), de Jonathan Pedneault (XYZ), «Manifeste Assi» (offert), de Natacha Kanapé Fontaine (Mémoire d’encrier), «Le coeur de Berlin», de Élie Maure (Les Allusifs) et «Les mystiques du Mile End», de Sigal Samuel (Marchand de feuilles).

Enfin, ma dernière acquisition est «Juste la vie qui va», un recueil de poésie de Ginette Levesque (Marketing Pro-Forma), acheté lundi dernier.

J’ai passé (et je passerai, pour les livres que je n’ai pas encore lus) de très bons moments en compagnie de ces écrivains et écrivaines :-).

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